Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de renforcement du système de santé grâce à un partenariat consolidé avec la Banque Islamique de Développement (BID). À l’occasion d’une mission officielle de deux jours, une délégation de la BID, conduite par le Dr Imtiaz Alam, a été reçue par le Ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, pour faire le point sur les projets en cours et explorer de nouvelles pistes de financement.
Un portefeuille ambitieux pour la santé
Sur les 427,63 milliards FCFA que représente le portefeuille global de la BID au Cameroun, une part importante est dédiée à la santé publique. Le ministre a salué l’engagement du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center (KS-Relief), principal donateur du Life and Livelihood Fund (LLF), un mécanisme de financement innovant qui combine dons et prêts concessionnels pour soutenir des projets à vocation sociale.
Parmi les projets phares figure le Programme d’Élimination de la Transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant, financé à hauteur de 39,93 millions USD (environ 23,43 milliards FCFA). Ce projet incarne la volonté du gouvernement camerounais de s’attaquer aux défis sanitaires majeurs en ciblant les populations les plus vulnérables.
Vers une santé plus inclusive
Le ministre Alamine Ousmane Mey a exprimé le souhait du Cameroun de bénéficier davantage de financements structurés selon le modèle LLF, afin d’accélérer la mise en œuvre de projets à fort impact humain. Cette approche permet non seulement de mobiliser des ressources plus flexibles, mais aussi de garantir une meilleure inclusion sociale à travers des interventions ciblées dans les domaines de la santé maternelle, infantile et communautaire.
À l’Est du Cameroun, la solidarité communautaire révolutionne l’accès aux soins
Depuis plus de dix ans, la région de l’Est du Cameroun accueille plus de 250 000 réfugiés centrafricains, fuyant les violences dans leur pays. Cette pression démographique, combinée à la pauvreté locale, met à rude épreuve les services sociaux de base, en particulier l’accès aux soins de santé. Pour de nombreuses familles, une simple consultation ou un accouchement représente un coût insurmontable.
Une solution née de la communauté : les Caisses d’Épargne Santé
Face à cette réalité, Action contre la Faim, avec le soutien de l’Union Européenne à travers le projet SOLID, a lancé une initiative innovante : les Caisses d’Épargne Santé (CES). Ces groupes communautaires permettent aux familles de cotiser régulièrement pour constituer un fonds solidaire, mobilisable en cas d’urgence médicale.
Dans les districts de Ketté et Ndélélé, 31 CES ont été créées, rassemblant 676 ménages, dont une majorité de femmes. Chaque membre verse 500 FCFA par semaine, une somme modeste mais vitale, qui permet de couvrir des frais médicaux imprévus.
Le jour où la solidarité a sauvé Nziki Sidonie
Le 26 mai 2025, Nziki Sidonie, mère de trois enfants et membre active de la CES de Kpambeta, est conduite au Centre de Santé Intégré de Bédobo pour accoucher. Sans ressources suffisantes et sans chèque santé opérationnel, elle fait face à une impasse. C’est alors que la présidente de la CES mobilise le fonds commun pour couvrir ses frais médicaux. « Ce geste m’a permis de solder les frais et de me concentrer sur la santé de mon bébé. Ce soutien est venu comme une bouffée d’air au bon moment », témoigne Nziki, émue.
Un impact durable sur la santé maternelle et infantile
Les CES ne se contentent pas de répondre à l’urgence : elles réduisent le recours aux accouchements à domicile, renforcent la confiance envers les structures de santé, et favorisent la cohésion sociale entre communautés hôtes et réfugiées.



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