Dans ce contexte, une trentaine de professionnels de santé issus des régions du Centre et du Sud participe depuis le 6 avril 2026 à une formation pratique de deux semaines au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHU). Cette session s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au déploiement opérationnel du Centre national de transfusion sanguine (PADOC).
Cette phase présenteielle intervient après une formation en ligne qui a provoqué un fort engouement, avec plus de 800 inscriptions enregistrées sur l’ensemble du territoire. À l’issue de ce module théorique, 58 participants ont été retenus après validation des neuf unités d’enseignement requises.
Une première session avait déjà été organisée à Garoua du 9 au 20 mars 2026, permettant d’anciennement une vingtaine de professionnels de santé issus des régions du Nord et de l’Est, ainsi que des techniciens de plusieurs banques de sang.
L’objectif du programme est de constituer un réseau national de professionnels formés, capable de relayer les compétences acquises dans leurs structures respectives afin d’harmoniser les pratiques transfusionnelles sur tout le territoire.
Pour la directrice générale du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), le Pr Dora Mbanya, cette initiative vise à assurer un transfert effectif des compétences et à améliorer durablement la qualité des services transfusionnels.
La formation est encadrée par l’organisation Safe Blood for Africa, spécialisée dans l’appui à la sécurisation des systèmes transfusionnels. Selon son coordonnateur, le Dr Jean Baptiste Tapko, le contenu a été conçu à partir d’une évaluation des besoins réels du système camerounais, afin d’apporter des réponses adaptées au contexte local.
Les modules portent notamment sur la sélection des donneurs, la qualification des poches de sang, le dépistage des infections transmissibles, le groupage sanguin, la conservation des produits sanguins et la gestion de la qualité.
Un déficit structurel persistant
Cette initiative intervient dans un contexte de forte tension sur les stocks de sang. Les besoins annuels du Cameroun s’élèvent à environ 400 000 poches, tandis que moins d’un quart de cette demande est actuellement couverte.
Ce déficit structurel met en évidence la nécessité de renforcer à la fois les capacités techniques du personnel et la promotion du don volontaire régulier, indispensable pour garantir la disponibilité des produits sanguins dans les formations sanitaires.
Le projet PADOC est mis en œuvre avec l’appui financier de l’État français à travers Expertise France, en partenariat avec l’Établissement français du sang (EFS). Il s’inscrit dans une dynamique de modernisation progressive du système transfusionnel camerounais.
Sur une première phase de douze mois, le programme prévoit la formation d’environ 50 personnels techniques dans six régions du pays : Centre, Sud, Est, Extrême-Nord, Nord et Adamaoua. Il comprend également le développement d’outils de gestion des données et de diffusion des bonnes pratiques.
Au-delà de la formation, le projet vise à améliorer la qualité globale des services transfusionnels, renforcer la collecte de sang, introduire des pratiques innovantes et réduire les risques d’infections transmissibles par transfusion.
À terme, cette dynamique devrait contribuer à bâtir un système transfusionnel plus efficace, mieux structuré et plus sécurisé, capable de répondre durablement aux besoins de santé de la population camerounaise.



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