La Direction de l’Hôpital Central de Yaoundé a annoncé qu’au 31 janvier 2026, trente-quatre corps demeuraient non identifiés à la morgue. Face à cette situation préoccupante, l’établissement hospitalier invite les familles ayant perdu un proche à se rapprocher du service de la morgue pour vérification.
Afin de faciliter le processus d’identification, une liste détaillée ainsi que des photographies des défunts ont été affichées au sein du service concerné. Les autorités hospitalières insistent sur l’importance de la collaboration du public pour permettre aux familles de retrouver leurs disparus et offrir une sépulture digne aux personnes décédées.
Des précédents inquiétants
Ce n’est pas la première fois que la morgue de l’Hôpital Central de Yaoundé fait face à une telle situation. En avril 2025, plus de 60 corps abandonnés y avaient été recensés, certains conservés depuis plus de trois ans, le plus ancien datant du 7 mai 2021. Les autorités avaient alors lancé un appel urgent aux familles, menaçant de procéder à des inhumations collectives en cas d’absence de réclamation.
Quelques mois plus tôt, en janvier 2025, un scandale avait éclaté lorsque la famille d’Honorine Ngono Ayina Veuve Eyebe s’était retrouvée dans l’impossibilité de récupérer le corps de leur proche, disparu mystérieusement de la morgue. L’incident avait paralysé les activités du service et provoqué une vive indignation dans l’opinion publique.
Ces épisodes illustrent un problème récurrent dans la gestion des morgues camerounaises, où les corps non identifiés ou abandonnés s’accumulent, transformant parfois ces espaces en véritables sépulcres.
Un appel à la responsabilité collective
La Direction de l’Hôpital Central de Yaoundé rappelle que l’identification et le retrait des corps sont essentiels pour préserver la dignité des défunts et soulager les familles dans leur deuil. Elle invite donc toute personne susceptible de reconnaître l’un des corps à se présenter rapidement au service de la morgue.
Au-delà de l’urgence sanitaire et logistique, cette situation pose une question de société : celle de la mémoire et du respect dû aux disparus. Les autorités espèrent que cette fois-ci, la mobilisation des familles et du public permettra d’éviter de nouveaux scandales et de rendre hommage à ceux qui attendent encore une sépulture digne.



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