Depuis plus de dix ans, la région de l’Est du Cameroun accueille plus de 250 000 réfugiés centrafricains, fuyant les violences dans leur pays. Cette pression démographique, combinée à la pauvreté locale, met à rude épreuve les services sociaux de base, en particulier l’accès aux soins de santé. Pour de nombreuses familles, une simple consultation ou un accouchement représente un coût insurmontable.
Une solution née de la communauté : les Caisses d’Épargne Santé
Face à cette réalité, Action contre la Faim, avec le soutien de l’Union Européenne à travers le projet SOLID, a lancé une initiative innovante : les Caisses d’Épargne Santé (CES). Ces groupes communautaires permettent aux familles de cotiser régulièrement pour constituer un fonds solidaire, mobilisable en cas d’urgence médicale.
Dans les districts de Ketté et Ndélélé, 31 CES ont été créées, rassemblant 676 ménages, dont une majorité de femmes. Chaque membre verse 500 FCFA par semaine, une somme modeste mais vitale, qui permet de couvrir des frais médicaux imprévus.
Le jour où la solidarité a sauvé Nziki Sidonie

Nziki Sidonie
Le 26 mai 2025, Nziki Sidonie, mère de trois enfants et membre active de la CES de Kpambeta, est conduite au Centre de Santé Intégré de Bédobo pour accoucher. Sans ressources suffisantes et sans chèque santé opérationnel, elle fait face à une impasse. C’est alors que la présidente de la CES mobilise le fonds commun pour couvrir ses frais médicaux. « Ce geste m’a permis de solder les frais et de me concentrer sur la santé de mon bébé. Ce soutien est venu comme une bouffée d’air au bon moment », témoigne Nziki, émue.
Un impact durable sur la santé maternelle et infantile
Les CES ne se contentent pas de répondre à l’urgence : elles réduisent le recours aux accouchements à domicile, renforcent la confiance envers les structures de santé, et favorisent la cohésion sociale entre communautés hôtes et réfugiées.



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