Douleur abdominale soudaine, maux de tête persistants, troubles visuels qui s’aggravent… Ces symptômes, souvent banalisés, peuvent pourtant révéler une complication redoutable chez la femme enceinte : la pré‑éclampsie. Potentiellement mortelle pour la mère comme pour l’enfant, cette affection a été au centre d’un symposium organisé le 22 avril à l’hôpital Laquintinie de Douala. Médecins, gynécologues, cardiologues et anesthésistes se sont réunis pour sensibiliser le public, partager les avancées sur le dépistage et rappeler l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire.
Le Dr Bilkissou Moustapha a expliqué que la pré‑éclampsie se manifeste par une hypertension artérielle associée à la présence de protéines dans les urines, généralement à partir de la deuxième moitié de la grossesse. Elle résulte souvent d’un placenta mal implanté, perçu par l’organisme maternel comme un corps étranger. Les spécialistes ont identifié plusieurs facteurs aggravants : antécédents d’hypertension, âge maternel extrême (moins de 18 ans ou plus de 40 ans), premières grossesses ou changement de partenaire.
Signes d’alerte
Les symptômes qui doivent alerter incluent des douleurs abdominales intenses, des céphalées résistantes aux antalgiques, des troubles visuels, des bourdonnements ou sifflements dans les oreilles, des œdèmes soudains et une gêne respiratoire.
Le Dr Claude Hector Mbia a insisté sur l’importance d’un suivi médical régulier, d’une activité physique modérée et de la prévention de la prise de poids excessive. Le Dr Robert Tchounzou a rappelé que la prise en charge des formes graves est pluridisciplinaire et nécessite une hospitalisation, l’accouchement se faisant le plus souvent par césarienne. Le rôle de l’anesthésiste‑réanimateur, avant et après l’expulsion du fœtus, a également été mis en avant par le Dr Serge Ngouatna.
En marge du symposium, l’association Le Combat d’Olivia a remis à l’hôpital Laquintinie un don de 9 600 bandelettes de test d’urine et de protéines ainsi que 75 tensiomètres, renforçant les moyens de dépistage et de suivi. Le directeur de l’hôpital, Dr Marie Solange Ndom épouse Ebongue, a salué cette initiative en rappelant que « une seule main ne peut attacher un paquet ».



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