À l’occasion de la 33ᵉ Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a présenté un état des lieux alarmant. En 2025, le Cameroun a enregistré 26 924 cas de tuberculose toutes formes confondues. Derrière ce chiffre global, ce sont des populations vulnérables qui apparaissent en première ligne : près de 2 600 enfants et 732 détenus.
Les 9,6 % de cas pédiatriques révèlent que la tuberculose continue de frapper les plus jeunes, souvent issus de milieux défavorisés. Dans les prisons, la promiscuité et les conditions de vie précaires favorisent la propagation : 732 cas ont été détectés et pris en charge. Ces données traduisent une réalité sociale où la maladie s’attaque d’abord aux plus fragiles.
Le taux d’incidence est estimé à 132 nouveaux cas pour 100 000 habitants, soit environ 36 466 cas attendus. La mortalité atteint 17 décès pour 100 000 habitants. En parallèle, 170 cas de tuberculose multirésistante compliquent la prise en charge et augmentent les risques de transmission.
Des avancées notables
La co‑infection TB/VIH est en baisse : 15 % des patients, dont 98 % sous traitement antirétroviral; les activités communautaires ont contribué à 14,7 % de la détection, preuve d’une mobilisation croissante des acteurs de terrain, le Cameroun dispose d’un réseau diagnostique structuré : 340 centres de microscopie, 75 plateformes GeneXpert, 56 dispositifs TB‑LAMP, 35 équipements TRUENAT et 2 laboratoires spécialisés.
Les défis à relever
Malgré ces progrès, la sous‑notification des cas reste préoccupante. Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la recherche active, le traçage des contacts, l’implication du secteur privé et la maintenance des équipements. La disponibilité des consommables et l’efficacité du transport des échantillons demeurent également des points faibles. « Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose d’ici 2035 », a affirmé Dr Malachie Manaouda, appelant à accélérer les investissements, renforcer l’engagement communautaire et consolider la solidarité internationale. Les médias ont également été invités à jouer un rôle clé dans la sensibilisation des populations et la diffusion d’informations fiables.
Selon l’OMS, la tuberculose reste l’une des principales causes de mortalité par maladie infectieuse : 4 000 décès par jour et près de 30 000 nouveaux cas quotidiens sont enregistrés dans le monde.



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