Le Cameroun est en deuil après le meurtre du Dr Assouguena Fouda Marie Armelle, anesthésiste-réanimatrice à l’Hôpital de District d’Obala, tuée à l’arme blanche dans la nuit du 17 mars 2026. Ce drame, dénoncé par l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC), illustre à la fois la montée des féminicides et l’insécurité croissante qui fragilise la profession médicale.
Dans un communiqué publié le 18 mars, l’ONMC exprime sa « stupeur » et ses « condoléances sincères » à la famille de la défunte. L’organisation condamne « avec la plus grande fermeté » ce féminicide et alerte sur une « épidémie sociale » qui mine l’attractivité de la médecine au Cameroun. Pour le Conseil, il est « profondément regrettable que des médecins qui s’épuisent à soigner les patients dans des conditions difficiles travaillent chaque jour dans une inexplicable insécurité et le payent au prix de leurs vies ».
Le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a également exprimé sa « profonde tristesse » et dénoncé la brutalité de l’acte. Il a salué l’engagement du Dr Armelle auprès de ses patients et appelé à ce que justice soit rendue. L’ONMC, de son côté, réclame une enquête urgente pour identifier et sanctionner les auteurs, tout en exhortant les autorités à instaurer des mesures de protection efficaces pour les médecins.
La médecine en péril
Cet assassinat met en lumière un problème structurel : la sécurité des soignants. Déjà confrontés à des conditions de travail précaires, les médecins doivent désormais composer avec une insécurité qui menace leur vocation. Plusieurs syndicats et associations alertent depuis des années sur les agressions subies dans les hôpitaux et en dehors, souvent dans l’indifférence générale.
Au-delà de l’émotion, le meurtre du Dr Armelle devient un symbole : celui d’une profession indispensable mais fragilisée, exposée à des violences qui dépassent le cadre hospitalier. Il relance le débat sur la valeur accordée aux médecins et sur la responsabilité de l’État à garantir leur sécurité.



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