La suspension des financements américains en janvier 2025 a eu des conséquences directes sur la disponibilité des médicaments et la continuité des traitements. Le Cameroun, qui dépendait fortement de ces appuis extérieurs, peine à combler le déficit malgré un plan de contingence national.
Selon le site d’informations Data Cameroon, le pays a perdu environ 30,6 milliards F.Cfa en 2025, soit une baisse de 10 % des fonds alloués au paludisme et de 9 % pour le VIH/Sida. Pour tenter de combler ce manque, le gouvernement a mobilisé 30 milliards F.Cfa sur fonds propres, mais cette enveloppe reste insuffisante face aux besoins croissants.
Les ARV de première ligne demeurent disponibles, mais ceux de deuxième et troisième ligne connaissent des ruptures fréquentes, certains étant même vendus de manière informelle. Cette situation fragilise la prise en charge des patients dont la charge virale augmente. Dans la région de l’Est, les professionnels de santé observent une recrudescence des cas. Dans la région de l’Ouest, 229 enfants sont nés séropositifs en 2025, preuve d’une rupture dans la prévention de la transmission mère‑enfant.
Exposition du Cameroun
Par ailleurs, la prévalence nationale du VIH est estimée à 2,6 % en 2025, contre 3,4 % en 2018, selon l’enquête CAMPHIA. Mais cette baisse est menacée par les difficultés d’accès aux traitements et la fragilisation des campagnes de prévention.
Un nouvel accord signé en décembre 2025 entre le Cameroun et les États‑Unis prévoit un financement de 240 milliards F.Cfa sur 5 ans, destiné à la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. En contrepartie, le Cameroun s’est engagé à accroître ses propres dépenses de santé pour atteindre 270 milliards F.Cfa sur la même période.
La continuité des traitements est aujourd’hui menacée. Sans financements stables et une meilleure organisation, des années de progrès dans la lutte contre le VIH pourraient être réduites à néant. Les chiffres montrent que la dépendance aux financements extérieurs expose le Cameroun à des crises récurrentes, et que seule une souveraineté sanitaire durable permettra de sécuriser l’avenir des patients (Data Cameroon).



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