Le rapport définitif de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême du Cameroun sur l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala (HGOPED) révèle de graves irrégularités financières sur la période 2015–2020. Cet établissement public hospitalier, pourtant doté d’une mission vitale de réduction de la mortalité maternelle et infantile, a vu sa gestion budgétaire marquée par des écarts massifs et une dette persistante.
Les prévisions budgétaires de l’HGOPED se sont avérées largement déconnectées des réalités. Les recettes de fonctionnement prévues oscillaient entre 624 millions et 1,8 milliard FCFA, mais les réalisations effectives ont systématiquement accusé des écarts supérieurs à un milliard FCFA. Cette situation traduit une planification budgétaire défaillante et une absence de rigueur dans l’élaboration des prévisions.
Malgré les financements de l’État, l’hôpital a enregistré des soldes déficitaires répétés. Ces déficits fragilisent sa capacité à financer ses activités essentielles : entretien des équipements, maintenance des infrastructures et amélioration du plateau technique.
Conséquences sur la performance

Le rapport met en évidence une dette croissante vis-à-vis des tiers, matérialisée par des restes à payer accumulés au fil des exercices. Cette dette, non apurée entre 2015 et 2020, réduit la marge de manœuvre de l’hôpital et compromet sa viabilité financière.
Ces irrégularités financières ont eu un impact direct sur la performance de l’HGOPED : difficultés à maintenir un plateau technique moderne, retards dans la mise en œuvre de projets stratégiques, confiance fragilisée auprès du personnel et des partenaires.
La Chambre des Comptes recommande un arrimage des plans d’engagement aux plans de trésorerie annuels, une politique d’apurement des dettes et une meilleure maîtrise des recettes et dépenses. L’objectif est de ramener l’hôpital aux standards des établissements de première catégorie et de garantir une gestion financière transparente et durable.



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