En mission de terrain, le Ministre de la Santé Publique, Dr Malachie Manaouda, a effectué le 16 Octobre, une série de visites inopinées dans les formations sanitaires de la ville d’Obala. Ce déplacement, a permis de dresser un état des lieux contrasté du système de santé local : d’un côté, un hôpital public débordé mais engagé ; de l’autre, des structures privées aux pratiques douteuses. Une radiographie sans filtre des failles et urgences sanitaires.
L’hôpital de District d’Obala : un pilier sous pression
Avec un taux de fréquentation de 80%, l’établissement est un point névralgique pour les soins dans la localité. Le personnel est mobilisé, les données sont digitalisées, et l’unité VIH affiche un taux d’enrôlement de 95%. Mais derrière ces indicateurs encourageants, les limites sont bien réelles : déficit d’intrants médicaux, ralentissant les diagnostics et les traitements, lenteur dans la transmission des résultats de charge virale, compromettant le suivi des patients, manque d’équipements essentiels : absence de tonomètre en ophtalmologie, fauteuil incomplet et chaîne de stérilisation manquante en odontostomatologie.
Le ministre a salué l’engagement du personnel, tout en appelant à un renforcement urgent du plateau technique et à une meilleure planification des besoins.
Structures privées : entre improvisation et non-conformité.
La visite s’est poursuivie dans deux établissements privés : le Centre de santé Le Mont des Oliviers et le Centre Médical Les Mains Douces. Les constats sont préoccupants : absence de supervision qualifiée, avec des stagiaires et élèves non habilités en charge des soins, accouchements pratiqués sans sages-femmes diplômées, dans un environnement jugé insalubre, documents administratifs douteux, remettant en question la légalité de l’exploitation, abandon de poste du Dr ENAMA Benoît, fonctionnaire affecté à Ebolowa, exerçant illégalement à Obala. Le ministre a ordonné des mesures immédiates de mise en conformité, rappelant que « la vie des patientes ne peut être confiée à des mains non habilitées ».
Pharmacie Sainte Marie Duquestre : gestion irrégulière
Dans cette officine, seuls deux auxiliaires de pharmacie étaient présents, en l’absence du propriétaire. Le Ministre a exigé la présentation des documents de création et de licence, et a ordonné une vérification approfondie de la conformité.
Double crise sanitaire
La tournée ministérielle à Obala révèle deux visages d’un même malaise. Dans le secteur public, une surcharge chronique, des équipements insuffisants, mais un personnel engagé. Dans le secteur privé, des pratiques non conformes, une absence de contrôle, et des risques graves pour les patients.
Le ministre a promis un suivi rigoureux, affirmant que la santé ne peut être laissée à l’improvisation ni à la spéculation.
Cette opération coup de poing marque un tournant : celui d’un engagement ferme pour assainir le secteur, restaurer la confiance des citoyens et garantir que chaque structure sanitaire, publique ou privée, respecte les normes et protège la vie humaine.



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